Technique
Les formes
Les formes
Dans l’absolu, l’idée de représenter le corps humain dans de la pierre peut paraître étrange. En réalité, au-delà de la tradition, le mystère des formes du corps humain n’est pas épuisé.
C’est un système abstrait de volume, de lignes et de plans, qui bouge et qui est inscrit dans l’espace.
Sculpter, c’est le plaisir d’analyser ces formes. Pour autant, elle n’est pas un simple jeu de forme et de matières, sous peine de faire devenir de la pure virtuosité. C’est la tension entre les formes abstraites, le jeu de la matière et l’évocation humaine qui est importante.
Souvent, mes sculptures seront fragmentaires afin d’approfondir un aspect du corps humain.
Le modèle
Le modèle
Je travaille princpalement d’après modèles vivants. Etonnamment d’ailleurs, les plans du corps humain ne suivent pas toujours les volumes musculaires.
Je pars parfois de modèles imaginés, ce qui permet d’accentuer la schématisation des volumes et la rythmique des lignes.
Quelquefois, je pars aussi d‘éclats de pierre, de cailloux ou d’objets divers, ce qui diversifie les formes.
Avant coup ou parfois après coup, je me rends compte que je m’inspire d’autres sculpteurs: Dodheigne ou Ubac pour leur figures humaines en pierre brisée, Ju Min, pour la schématisation des plans, Bourdelle pour le dessin mais aussi Le Bernin, Moore, Brancusi ou certaines sculptures antiques pour des formes particulières.
L'ébauche
L‘ébauche
Du modèle, je fais une ébauche en terre du projet, un bozetto, éventuellent précédée de dessins préparatoires.
Il y deux manières d‘ébaucher: soit profil d’après profil, comme le recommande Rodin, soit l’attaque frontale, comme Michel-ange attaque ses pierres. A priori, la méthode de Rodin permet une perception plus tridimensionelle mais engendre le risque que le sculpteur aligne les profils les uns après les autres en perdant la cohérence d’ensemble.
La méthode de Michel-ange par contre, crée plus de cohérence mais a pour conséquence que la statue sera destinée a être vue d’un point de vue principal.
L‘ébauche ne vise pas seulement à analyser les formes mais constitue aussi un premier apprentissage du processus de taille. Autrement dit, je taille le bloc de terre dans la masse, comme je le ferai ensuite avec le bloc de pierre. Je procède par soustraction et pas par addition.
L'étude
L‘étude
Je transcris cette ébauche dans une petite étude en pierre, afin d‘évaluer la réaction du matériau, l’ équilibre physique du projet et son esthétique.
Lorsque l‘étude est sastisfaisante, je taille dans des dimensions calculées en fonction de sa destination finale de la sculpture : entre 30 et 70 cm pour les pièces d’intérieur, plus pour les pièces d’extérieur ou de jardin.
Le matériau
Le matériau
D’un point de vue matériel, je travaille pour l’instant exclusivement la pierre, pour sa sensualité, sa puissance et son caractère inaltérable, et en particulier la pierre de Soignies et la pierre de Vinalmont, qui se brise avec de grands plans. Plus rarement le marbre de Carrare ou de Tassos, le granit ou la pierre de Massengé.
Le choix du matériau implique des choix plastiques, non seullement pour le rendu de la matière- une sculpture taillée dans la pierre est très différente d’aspect et de toucher d’une sculpture en métal-mais également pour les formes elles-mêmes : la pierre bleue par exemple ne supporte pas le porte-à-faux. La sculpture sera dès lors toujours taillée dans la masse et représentera rarement la corps humain dans son entièreté mais plutôt un fragmement du cops humain, ce qui correspond à mon intention initiale.
Le choix du matériau a également des conséquences psychologiques: la pierre est lourde et est faite pour durer. La sculpture aura donc a priori un caractèrre plus intemporel.
La taille
La taille
L‘épannelage de la pierre se fait à la disqueuse et le modelé principalement avec des chasses (autrement appelé brichot) de différentes tailles, ce qui donne à la sculpture un aspect de pierre brisée et oblige à se concentrer sur les formes essentielles de l‘étude, en délaissant les détails.
Afin de contrôler la taille à la chasse, il est nécessaire d’avoir différentes masses et chasses de poids et donc de puissance différente, choisies en fonction du morceau de pierre que l’on souhaite briser.
Le coup de masse sera unique et sec, au contraire du travail à la pointe, qui requiert un mouvement souple, lent et continu du bras, ou du travail au ciseau qui requiert une précsion quasi mécaniqe du bras.
Le travail à la chasse causent néanmoins parfois des brisures involontaires, ce qui confère au travail un aléa esthétiquement intéressant.
Le processsus de taille crée dès lors une espèce de tension entre l’analyse des formes et l’aléa de la matière, entre le contrôlé et l’incontrôlé.
C’est ça qui est beau.
L'acier
L’acier
A côté de la pierre, qui est de la taille, ou de la terre et de la cire, qui sont du modelage, l’acier relève de la technique de l’assemblage. Sur une maquette grandeur nature en frigolite, je plaque des feuilles de papier ou de carton, qui me servent de patron pour découper les plaques d’acier. Puis on soude le tout ensemble.
L’avantage est de permettre des formes extrêmement déployées dans l’(espace, (cfr. Le grand gisant) pour un poids restreint et que l’on peut en outre démonter, ce qui facilite le transport.
Le bronze
Le bronze
Contrairement à la pierre, que je peux tailler seul, le bronze est un travail d’équipe avec le fondeur.
Je modèle les pièces originelles en cire ( cfr. le bronze de l’homme qui marche, de la femme allongée, de l’homme allongé) ou en terre ( cfr . le bronze « torse d’homme) et je les donne au fondeur qui les moule en silicone, entoure les moules de plâtre réfractaire, place le tout dans le four, La cire fond, le bronze est coulé puis ciselé, sablé et patiné.
J’ai la chance de travailler avec les fondeurs Michel Bailly et Isabelle Biquet, de Saintes. C’est un travail en connivence, que ce soit dans la recherche de la patine adéquate ou plus généralement sur les projets.
Le bronze permet des formes que la pierre n’autorise pas. Les bronzes fondus à base de cire permet un travail sur le rythme des lignes, des pleins et des vides ( cfr . le bronze de l’homme qui marche, de l’homme allongé, de la femme allongée, etc.)